lundi 19 septembre 2016

Comment je me bats depuis ma fausse couche ...

crédit photo Ode a l'ethnic 

Il y a des sujets que l'on refuse d'aborder ..

J'ai toujours été une petite fille entêtée et curieuse : ma mère me reprochait aussi surtout ma grande maturité .. Toujours en avance , pour moi j'avais juste soif de découverte ... De ce fait vous avez dû remarquer que j'aborde toutes sortes de thématiques ... dès lors que je considère que ces partages pourront aider d'une manière ou d'une autre ( avec une certaine limite tout de même lol )

NON je ne pleurerai pas en public ... c'est ma façon de fonctionner .. OUI j'aime rire et VIVRE .


Malheureusement en novembre 2015 j'ai partagé avec vous un article sur un événement malheureux qui m'est " tombé " dessus : j'ai fait une fausse couche .
L'objectif de cet article n'est pas de revenir sur ce triste événement mais de partager avec vous le fameux " après " qui , pour ma part a été beaucoup plus difficile à encaisser que j'imaginais .




source Internet 

     
***** IDÉES NOIRES 

Après cette fausse couche je me souviens de cette phrase du gynécologue qui , après avoir contrôlé que l'intervention chirurgicale que j'avais subi 15 jours avant avait bien contribué à me " débarrasser " de toute trace de l'embryon ,  m'a simplement dit " voila et bien on y est , c'est fini .. maintenant on se lance !! " . Je me souviens de son air optimiste et de son sourire ... et moi je la fixais , en pleurs , comme-ci je m'attendais désespérément à ce qu'elle me dise qu'au final un miracle était arrivé et que mon bébé s'était accroché ..

Oui ,  à ce moment j'ai prié pour un miracle que je n'ai jamais obtenu puisque mon taux de beta hcg ( hormone de grossesse ) était bien inférieur à 5Ui/I  ( seuil confirmant l'absence de grossesse ) .

 J'avais décidé de prendre l'avion pour la Guyane afin de trouver refuge auprès de ma mère . La veille , ma valise était faite , le matin je me réveillais ( ou du moins je sortais de mon lit ) à 4h du matin afin de me préparer ... à 7h je devais sortir de chez moi : IMPOSSIBLE ... Je n'avais plus la force de sortir  ou du moins .. d'affronter le regard de ma mère . J'avais HONTE d'avoir failli , je n'était pas une femme " capable " puisque je n'avais pas été  pas capable de garder cette vie , en moi .

Alors OUI , avec du recul j'ai compris que j'étais dans une sorte de tourbillon de culpabilité mais surtout que grâce à cette grossesse je me sentait enfin RESPONSABLE et que je m'apprêtais exactement à jouer ce rôle que je recherchais à occuper depuis bien longtemps : devenir une adulte une vraie .... je voulais être mère ... tout simplement . Je voulais donner , partager , transmettre .. car ce sont bien des choses qui sont VITALES , pour moi !

Tout doucement je m'engouffrais dans une sorte de cercle vicieux .

J'ai très vite repris le travail : grosse erreur de ma part . J'ai jugé que j'étais assez forte et que je n'avais besoin de l'aide de personne .

Dès lors , j'étais devenue une sorte de boule d'émotions et j'étais à fleur de peau : j'étais en colère .. je ne supportais plus de voir une femme enceinte .. je détestais mes amies ou collègues qui m'annonçaient qu'elles étaient enceinte .
Je passait mes nuits à pleurer .. j'ai pris du poids .. je n'avais envie de rien ... je n'avais plus envie de voir personne , bref plus rien ne me motivait ..

Alors je faisais des aller retour chez mon médecin traitant qui m'a fait une ordonnance : il m'a prescrit des somnifères et des anti dépresseurs .


source Internet 



En effet ,  je ne dormais plus .. je passais mes nuits à cogiter .. et moins je dormais plus j'étais stressée..
J'ai ainsi découvert que les somnifères non seulement me faisaient dormir mais aussi que grâce à ces comprimés le temps d'une nuit mes problèmes et ma souffrance s'envolaient ..
J'ai donc entamé un jeux dangereux .. je les avalais par 2 ou 3 ,  quand la douleur devenait trop lourde à porter .. puis  un soir alors que j'accumulais la fatigue et cette fameuse douleur j'ai fait le geste de trop : j'ai fais une overdose de ces médicaments  ...

Je me suis réveillée  sur un lit d'hôpital , après une nuit , simplement vêtue d'une blouse blanche et d'une garniture de fortune que - je ne sais qui m'avait mis ( j'étais indisposée à cette période ) . Je ne savais pas où j'étais et dans quelles circonstances je m'étais retrouvée à l'hôpital ; Bref ... j'avais selon les médecins fait une tentative de suicide ???? MOI ???? me suicider ???

NON ... j'étais juste en souffrance . L'overdose de médicaments faisait que je n'était plus moi même : je perdais ma mémoire .. je n'avais plus d'inspiration et je n'arrivait plus à avoir un raisonnement cohérent afin d'écrire sur le blog .. mais je continuais à faire semblant.

Cette MÉSAVENTURE m'a servie de leçon : JAMAIS je ne devais me faire du mal et non  je  ne méritais pas  tout ce mal que je m'infligeais ... ma famille ne le méritait pas , mes proches ne le méritaient pas et même si je ne suis pas parfaite , même si j'ai commis des erreurs dans ma vie , je ne méritais pas de porter atteinte à cette vie .

Le lendemain de ma nuit à l'hôpital  j'ai vu un psychiatre qui a tout de suite rendu sa conclusion : non je n'ai pas voulu me suicider , non je ne suis pas suicidaire : j'ai simplement mal vécu cette fausse couche qui a été pour moi une sorte de " goutte " qui a fait déborder mon vase .



crédit photo Ode a l'ethnic 

Aujourd'hui ??? qu'en est-il ?

Aujourd'hui cette mésaventure bizarrement m'a appris une chose : ME RECENTRER SUR MOI MÊME .

Aujourd'hui je n'ai plus peur de prendre du temps pour moi : c'est simple il m'a fallu un mois entier loin du travail et de tout stress afin de remettre les choses à leur place . Je ne pleure plus , je crois être anesthésiée affectivement LOL .

J'ai retrouvé cette capacité à entreprendre et mes rêves ... Cette capacité que j'avais à me projeter dans l'avenir et que j'avais perdu .

Ce goût de faire les choses et de continuer à bien les faire .. bref cette gnac et surtout ,  ce lâcher prise:  j'ai bien compris que face à certaines situations rien ne servait de se battre .. parfois lutter fait plus mal que faire le simple geste d'ouvrir la main et laisser s'en aller ce que l'on  essaye    désespérément de retenir  , ces combats que l'on cherche à mener mais qui sont dès le départ perdus d'avance .

J'ai réalisé de belles choses : notamment ,  la Black Lives Matter France ( qui est aujourd'hui devenu une vraie organisation ) ,  et réussi à fédérer une vingtaine d'association afro activistes autour d'une seule et même cause : lutter contre toutes les discriminations faites aux NOIRS .

Apparaître dans le magazine Grazzia , être citée par le Jeune Afrique ( certes de façon maladroite mais c'est le risque avec les médias ) ... sollicitée par d'autres médias influents ... La médiatisation n'étant néanmoins pas du tout mon objectif !!!


crédit photo Ode a l'ethnic 


Aujourd'hui je me tourne vers la spiritualité Africaine et je suis LIBÉRÉE DE MES CHAÎNES MORALES .. celles qui jusqu'à ce jour m'ont empêchée d'avancer car m'ont enfermée dans une sorte de cage ...

Le plus important pour moi  c'est d'être heureuse .. et être heureuse passe par MON accomplissement : bref je vis au jour le jour et j'apprécie chaque seconde de bonheur sans penser à rien d'autre .

J'ai tellement de projets ... Je suis redevenue celle que je suis réellement  : une COMBATTANTE !


Ce travail , je l'ai fait seule ... sans l'aide de qui que ce soit d'autre que ma famille et mes proches ..   FINI LES MÉDICAMENTS :

ATTENTION je considère que la prescription  d'anti dépresseurs ou de toutes autres substances de ce type doit être strictement faite par un spécialiste et surtout en réponse à un besoin réel . Sachez que la prise de ces médicaments n'est jamais anodine et parfois .. bien souvent ils ne sont pas la solution . La solution est avant tout en vous ...

Je suis persuadée que l'état dépressif passager est à différencier de celui qui est réellement installé . D'ailleurs à partir de 6 mois de dépression on considère que l'on est dans un état de dépression chronique .

Je pense que l'on rencontre TOUS à un moment donné ce fameux moment ou l'on a envie de TOUT abandonner  et que certaines personnes seront peut être plus fortes que d'autres en tous les cas pour ma part  , je le répète : les médicaments ne sont pas LA solution  ... Je fais partie de ceux qui sont persuadé que l'on prescrit des médicaments ( anti dépresseurs , anxiolytiques , somnifères .. )   très , trop vite sans régler le problème de fond . Le soucis  c'est que non seulement ces substances peuvent créer une addiction  mais en plus elles  vous bouffent littéralement : je n'étais plus moi même .. et c'est le cas de le dire !!!

La prescription d'anti dépresseurs doit être faite après que l'état dépressif soit clairement avéré et surtout  doit être encadrée ... il ne faut surtout pas les arrêter d'un coup , un seul,  mais suivre un processus en accord avec votre médecin .

J'ai toujours refusé de prendre les anti depresseurs prescrits par contre je me lâchait sur les somnifères .... malheureusement ....


Aujourd'hui RIEN NI PERSONNE NE ME FAIT PEUR ...  J'assume ma vie et tout le reste ,  j'ai peur de moi même c'est déjà suffisant non ?

Je dors .. et même si je suis angoissée j'ai découvert une recette magique : la relaxation avec un bon thé à la menthe fraîche bien chaud .... le délice pour ma part !!!



 Pour finir , aujourd'hui  je laisse s'en aller ce bébé que je n'ai pas eu ... et je suis persuadée que la vie me réserve sûrement - ou pas -quelque chose de meilleur ... JE LUI FAIT JUSTE CONFIANCE !



Ceci est un message à l'attention de toutes ces femmes à qui l'on dit qu'une fausse couche ce n'est qu'une statistique ... à toutes ces femmes à qui l'on dit que c'est la nature qui a décidé . À toutes ces femmes qui comme moi ont souffert dans leur chair et dans leur âme ...



CECI EST UNE DÉDICACE POUR VOUS ......



Xoxo Mag aka